Voici donc la deuxième partie de ma longue réflexion. Deuxième partie d’une trilogie douloureuse. J’ai encore tellement de choses sur le cœur. J’ai justement fait un essai la nuit dernière. Je n’ai pas pris mon somnifère quotidien. Résultat : je me suis couché à 4h du matin ! Je crois que c'est sans espoir…je me suis écroulé sous la couette, épuisé de la bataille qui dévaste mon cœur et mon âme. Alors, j’écris encore et encore, car je n’ai pas fini de te dire le fond de ma pensée. Relis ce que tu as pu écrire…et vois combien tu t’es toi-même contredis. Quel idiot !
Tu m’accuses d’avoir gâché ton petit rêve bleu, d’avoir gâché l’image si romantique que tu pouvais te faire d’une demande en mariage. Toi, qui donnais tant d’importance à ces 3 mots « I love you », que devrais-je penser de la première fois où tu me les as dits ? Balancés sur un chat MSN au milieu d’une conversation qui tournait autour de tes problèmes. Tu crois que je n’ai pas su les apprécier à leur juste valeur ? bien au contraire, je les ai savouré mais…seul ! Car je les ai reçus comme tu voulais bien me les donner, et non pas comme j’aurais voulu les entendre de ta propre bouche, les yeux dans les yeux.
Sur ton blog, tu dis m’avoir toujours cru sur parole, toujours bu mes élans d’amour et de sincérité envers toi. Quelle foutaise ! Me dire que tu m’as toujours pris pour « argent comptant » alors que tu n’as jamais donné la moindre valeur à ce que je pouvais te dire. Comment puis-je penser autrement ? Si tu n’as jamais douté de mes sentiments, alors pourquoi as-tu pensé que je puisse vouloir t’épouser juste par pitié !? Tu me l’as dit toi-même que tu n’accepterais même pas que tes parents t’aident. Pour toi, ils ne le feraient que par pitié. Mais bon sang ! Qui a bien pu te foutre ça dans la tète ? Où as-tu vu des parents qui aiment leurs enfants par pitié ?!!
L’amour n’est pas de la pitié ! tu n’as vraiment rien compris. Tu mélanges tout et tout le monde. Si tu es réellement malade comme je le pense, cela explique beaucoup de choses. Tu as du être confronté à tellement de regards de pitié, de condescendance polie, et tu en es arrivé à penser que même tes parents sont capables de t’aider, de t’aimer par pitié ! À partir de là, ta réaction vis-à-vis de moi n’est plus une surprise. Si tu arrives à même douter de l’amour de tes parents, quel poids peut bien avoir celui d’un pauvre inconnu comme moi ?
Malheureusement, à cause de ton entêtement et de ta stupidité, tu rejetteras toujours l’amour, d’où qu’il vienne.
Peut-être que tout ceci ne sera, à tes yeux, qu’une psychanalyse de pacotille. Je sais que je ne suis pas quelqu’un très intelligent au sens propre du terme. Toute ma vie, je n’ai eu que mes jambes, mon corps, mon acharnement au travail et peut-être un peu de talent pour bouger mes fesses. Mais ce qui est sûr, c’est que je peux me prévaloir d’une intelligence du cœur.
Cela fait des semaines que tout est confus, que tout est embrouillé dans ma tête. Je traine, jour et nuit, un mal de tête car mon cerveau ne peut pas s’arrêter de penser. C’est drôle car tout ce que tu écris sur ton blog à mon propos, c’est comme si j’avais pu l’écrire moi-même. Aujourd’hui, c’est moi te porte les mêmes accusations.
Tu disais attendre que je sois un héros à tes yeux. Attendais-tu que je découvre tout cela plus tôt ? Moi aussi, j’y ai cru à ce « héros ». La seule différence c’est que je ne l’espérais pas car je n’ai jamais vu qu’un homme en toi. Un homme avec les qualités que j’avais cru lui découvrir. Un homme qui savait ce que souffrir voulait dire et qui ne prendrait jamais rien pour « argent comptant ». Un homme qui a connu les pleurs et qui n’a pas peur de se battre pour être heureux. Je le redis, en devenant champion du monde, je croyais devenir un surhomme. Quelle utopie ! Être un surhomme pour soi ou pour n’importe qui d’autre, c’est de la pure bêtise ! vit-on chaque jour avec sa belle médaille autour du cou ? fait-on ses courses avec l’étiquette « champion » collée sur son front ? S’il existe un paradis, nous demandera-t-on notre palmarès, notre score dans les sondages pour y entrer ? Vouloir un « héros » pour homme, c’est de la pure bêtise !
Je pense que tu m’as jugé comme tu te vois toi-même. Tu m’accuses de te sous-estimer dans ton travail. Mais qui irait consulter un gynécologue pour soigner une hépatite B ? Et puis, je pense avoir été le premier à te confier ma propre sœur pour la conseiller ! Je t’ai même demandé des conseils pour une amie qui ne peut pas avoir d’enfant. Si je te sous-estimais tant, comme tu te plais à le dire à mes amis à KL, pourquoi te demanderais-je conseil ? Qui te traite comme de la merde ? Ne serait-ce pas les patrons de la clinique qui te font travailler des nuits interminables dans un trou à rats, pour un salaire misérable ? Il faudrait faire attention de ne pas tout confondre !!!
Tu me dis te sous-estimer en tant que médecin. Quelle blague ! Veux-tu vraiment jouer à ce jeu là ? Alors Jouons un peu ! Dis-moi où était le médecin quand j’ai débarqué à ta clinique en étant malade ? Où était le médecin qui aurait du me pousser à faire des analyses de sang sur le champ ? Veux-tu toujours jouer à ce jeu là ?! Toi, le « grand docteur » qui préconise le « safe sex », qui s’arrache les cheveux face à ses amis contaminés, qui recommande que, lors de notre seconde rencontre, nous fassions très attention à ce que la transmission du virus ne se fasse pas…OUI TOI, tu es le premier à faillir à tes grands principes, tes grands conseils ! Si je ne t’avais pas arrêté cette nuit-là, c’est bien mon sexe sans protection que tu aurais eu dans la bouche ! Où était le grand et fameux Dr GAB avec sa grande morale ?! Continuons-nous toujours ce jeu ?
Moi, non ! car je n’ai jamais joué. Pas un seul mot n’est sorti de ma bouche pour te blâmer et te dire que tu es un docteur de seconde classe qui n’a rien fait pour me protéger.
Contrairement à tous ces idiots qui choisissent leur partenaire en fonction de sa position sociale, son compte bancaire ou sa carrière professionnelle, je n’ai jamais vu l’irakien ou le docteur. Je n’ai vu que toi, Ghaith, l’homme que je souhaitais rendre heureux pour tout ce qu’il pouvait m’apportait dans la vie, l’homme que j’ai aimé et que, malgré tout, je ne peux pas m’empêcher d’aimer.
Je sais que ce que j’écris ne plaira pas à certaines personnes, mais je m’en fiche ! Ces personnes ne sont pas dans ma peau ni dans mon cœur pour savoir combien il souffre. Personne ne saura jamais combien j’ai pu pleurer dans les toilettes publiques pendant ces 5 jours à KL, me remémorant tout ce que nous avions vécu. Ces larmes, je ne les regrette pas car elles ont coulé par amour et non pas par regret ni culpabilité comme les tiennes.
Tu m’accuses de ne pas voir le monde avec tes yeux. Mais je suis le premier à crier à l’injustice et à penser que tu te comportes de cette manière à cause des gens qui te condamnent pour ta nationalité et pour ce que tu portes en toi.
Après tout ce que tu m’as fait endurer, comment peux-tu encore me mettre dans le même sac que les autres ? Moi qui tente de faire face contre vents et marées ?! Crois-tu vraiment que je t’aurais abandonné parce que tu es malade ? Depuis le début, je me suis engagé à me battre contre la terre entière s’il le fallait, alors crois-tu que j’aurais baissé les bras devant la maladie ? Toi, tu es capable de capituler devant ma maladie, et le pire, t’en servir pour te cacher, t’excuser de ta lâcheté !!
Comment un homme qui donne la vie peut-il avoir une vision si noire de sa propre existence ? Tout simplement car tu sais que tu es condamné, non pas par ta nationalité, mais par un mal incurable. Cela explique que tu ne puisses pas adhérer à ma vision de la vie dans 10 ans.
Tu m’accuses de mettre nos vies en danger. Mais regarde-toi dans un miroir avant de parler ! Tu es le premier à avoir mis ta propre vie en danger, et tu n’as même pas essayé de faire quelque chose pour que cela s’arrange. Tu n’as même pas daigné raconter à tes parents dans quelle situation tu te trouves. Tu préfères prendre le risque d’être renvoyé en Irak et de t’y faire tuer sans que personne ne le sache. Tu n’as même pas su accepter les toutes les propositions de ton frère pour immigrer à Dubaï. Quand on se sait vraiment en danger de mort, quand on veut vraiment sauver sa peau et sa vie (à moins d’être voué à la mort, dans ce cas c’est une forme d’euthanasie), on sait être un peu plus intelligent !
Mettre nos vies en danger ? Quelle blague ! Mais, sais-tu seulement que tu es la seul et unique cause de mon hépatite B ? Merci pour ce merveilleux cadeau empoisonné ! Oui, je le savais depuis le début. Mais je n’ai jamais voulu l’admettre pour nous protéger, pour te protéger de tous les regards accusateurs des personnes de mon entourage. Après tout, c’était mon choix de t’aimer, mon choix de vouloir vivre avec toi, mon choix de te pardonner.
Aujourd’hui, pour moi tout est clair. S’il t’est arrivé de pleurer à cause de la distance qui nous séparait, je sais que tu pleurais surtout pour ce que tu as toujours fait consciemment, en toute connaissance de cause.
Je n’étais apparemment pas le seul à savoir ce qu’il faisait.
Here is the second part of my long reflexion, the second part of a painful trilogy. I still have so many things in my heart. Actually, l did a test last night. I did not take my daily sleeping pill. Result: I slept at 4am! It’s hopeless... I collapsed under the bed cover, exhausted with the battle which devastates my heart and my soul. I spent the night writing more and more, because I did not finish giving you the piece of my mind. Read what you said to me! ... And see how much you are contradicting yourself. Such an idiot!
You accused me to have wasted your blue dream, to have spoiled the romantic image that you had about a proposal. You, the one who gave such an amount of importance to these 3 words "I love you". What a jock! What should I think of the first time you said them to me? Thrown on a MSN chat in the middle of a conversation which was dealing about your problems. You believe that I did not appreciate them with their right value? On the contrary, I enjoyed them but... alone! I received them as you wanted to give them to me, and not as I would have liked to hear them from your own mouth, eyes in the eyes.
On your blog, you always said you believed me, always drunk my dashes of love and sincerity towards you. Bullshit! Saying that you always took me for "granted" whereas you never gave any value to what I could say to you. How can I think differently? If you never doubted my feelings, then why did you think that I would pity you and would like to marry you!? You said it to me yourself that you would not even accept any help from your parents. From your point of view, they would do it only by pity. But for God sake! Who could have put such a crap in your mind? Where have you seen parents loving their children by pity?!!
Love is not pity! You really did not understand anything. You mixed it all and everyone. If you are really sick as I think you are, that explains many things. You have being confronted with so much of glances of pity, of polite statements. That’s why you started to think that even your parents are able to help you or to love you by pity! No wonder! If you got to this point of doubting the love of your parents, what about the love from such a stranger like me?
Unfortunately, because of your stubbornness and of your stupidity, you will always reject love, no matter where it comes from.
Perhaps that’s just a cheap psychoanalysis. I know that I am not as smart as many others. All my life, I had only my legs, my body, my determination at work and perhaps a little bit of talent to move my arse. But for sure, l can be proud of an intelligence of the heart. It has been weeks that all is confused, that all is upside down in my head. I dragged, day and night, a headache because my brain cannot stop thinking. It is funny because all that you write on your blog about me; it is as if I had been able to write it myself. Today, I am the one coming out with accusations about you.
You said you were expecting me to be a hero in your eyes. Were you expecting me to discover all of that earlier? I also, dreamed of a "hero". The only difference it is that I did not hope for it because I just saw a man out of you. A man with the qualities I thought l had discovered in him. A man who knew what pain means and which would never take anything for "granted". A man who has experienced the tears and who is not afraid to fight to be happy. I repeat it, while becoming World champion; I believed I would be a superman. What a fantasy! To be a superman for oneself or no matter whom, it is just pure fantasy! Are we leaving with a gold medal around the neck all day long? Are we shopping with the label "champion" stuck on our face? If there is a Heaven, will someone ask us for our prize list, our score in the surveys to enter there? One more time, I am saying it, to want a "hero" as a man, it is just a fantasy!
I think that you judged me as you see yourself. You accused me to underestimate you in your work. But who would consult a gynaecologist to cure a hepatitis B? I think I have been the first to trust you enough to let my sister ask you for advice! I even asked you for advices for a friend who cannot get pregnant. If I underestimated you so much, as you enjoy saying it to my friends in KL, why would I ask you advices? Who treats you like shit? Wouldn't it be the owners of the clinic who make you work for nights in a rat hole, and give you such a miserable salary? Watch out! Don’t mix it up!!! You said that I underestimated you as a doctor. What a joke! Do you really want to play this game here? Then let’s play! Where was the doctor when I showed up at the clinic while being sick? Where was the doctor who would have to push to me to make blood tests then? You still want you to play?! You, the "famous doctor" who recommends the "safe sex", who gets so upset with his HIV positive friends, who (when we met for the second time) recommends that we really have to pay attention so we would not transmit the virus to each other. Yeah! YOU, you are the first to fail in your great lecturing, your great advices! If I had not stopped you that night, you would be still sucking my dick without any condom! What a fuck! Where was the glorious and famous Dr. GAB with his great morals?! Shall we keep going on?! Not me, I am out of the game… because I never played. Not a single word came out of my mouth to blame you and say that you are a second class doctor who did not do anything to protect me.
Contrary to all these idiots who choose their partner according to his social position, his bank account or his professional career, I never saw Iraqi or the doctor out of you. I only saw you, Ghaith, the man that I always thank for all the things that he could have brought into my life, the man that I loved and that, despite everything, I just can not lstop loving.
I know that some people would not like what I am writing right now, but I don't care! These people are neither in my shoes nor in my heart to know how much it is suffering. Nobody will ever know how much I could cry in the public toilets during these 5 days in KL, remembering all the moments we had lived. These tears, I do not regret them because they ran in name of love and not by regret nor culpability as yours.
You accused me not to see the world with your eyes. But I am the first to be claiming to be fair and to think that you behave now because of people who condemn you for your nationality and what you are carrying inside. After what you made me go through, how can you still put me in the same bag as the others? I always tried to stand like a rock against winds and tides?! Do you really believe that I would have given you up because you are sick? Since the beginning, I would fight against the whole world if it were necessary, how could you believe that I would have given up in front of the disease? You, you are able to capitulate in front of my disease, and the worst part is that you used it to hide yourself, to excuse your cowardice!!! How come a man who helps to deliver babies, who helps to give life has such a dark vision of his own existence? My conclusion is because you know that you are condemned, not by your nationality, but by an incurable evil. That explains why you cannot agree with my vision of life in 10 years.
You accused me to put our lives in danger. But look at yourself in the mirror then you can make some comments! You are the first one who did put your own life in danger, and you did not even try to do anything to fix it up. You did not even bother to tell your parents what you were handling. You preferred to take the risk to be sent back to Iraq and even get killed without anybody knowing about it. But that’s was kind of a sacrifice. And people are sacrificing themselves just to have the spotlight on them and glorify themselves. You did not even accept every time your brother tried to help you to move to Dubai. When someone really knows oneself in danger, when someone really wants to save his life (unless it’s hopelessly dedicated to death, in this case we would call it euthanasia), this person can be a little more intelligent!
I would be the one who would put our lives in danger? What a joke! But, do you only know that you are the one and only cause of my hepatitis B?
Thank you for this marvellous poisoned gift!
Yes, I knew it since the beginning. But I never wanted to admit it. I just wanted to protect us, to protect you from all the accusing glances of the people around me. After all, it was my choice to love you, my choice to want to live with you, my choice to forgive you.
Now, for me everything is clear. If it happened that you cried because of the distance which separated us, I know that you cried even more because of what you always did consciously.
Apparently I was not the only one to know what he was doing.





